La FA dans tous ses états ! (2)
Dr M. Guenoun (Marseille)
La fibrillation atriale persistante ou permanente pose le problème de sa réduction et de la prévention de la récidive, mais aussi du choix de réduire ou de contrôler la fréquence cardiaque. Un choix qui n’est pas si simple ni consensuel, bousculé par les progrès de l’ablation et l’émergence de nouveaux agents pharmacologiques.
La fibrillation auriculaire paroxystique se distingue par ses aspects cliniques et des enjeux spécifiques. Les accès symptomatiques posent le problème de leur tolérance, surtout s’il existe une cardiopathie sous jacente. En stimulation triple chambre, ils peuvent compromettre le bénéfice hémodynamique non seulement par la perte du synchronisme atrio-ventriculaire mais surtout par l’inhibition de la resynchronisation électrique des ventricules. En défibrillation, ils représentent une cause importante de chocs inappropriés, dont on sait l’impact très négatif sur la qualité de vie de ces patients.
L’existence d’accès asymptomatiques, malgré l’absence de gène lié au trouble du rythme, expose aux mêmes risques notamment thrombo-emboliques. Ces accès sont particulièrement observés en stimulation cardiaque, parfaitement documentés par les mémoires étendues des stimulateurs modernes. Peut on indiquer actuellement une stratégie thérapeutique antiarythmique ou antithrombotique sur la base des données de ces mémoires ? C’est ce qu’a cherché à montrer récemment l’étude TREND.
Les neurologues connaissent bien l’importance de ces accès asymptomatiques responsables d’AIT ou d’AVC parfois inexpliqués avec la difficulté de documenter la FA.
Enfin le débat sur les critères de succès après ablation de la FA et les critères d’arrêt d’un traitement anticoagulant est loin d’être clos...
Cette session « FA et situations particulière » d’ELECTRA 2009 est donc très attendue pour discuter et faire le point sur le diagnostic et la prise en charge de la FA paroxystique dans ces situations fréquemment rencontrées par le cardiologue consultant : bilan cardiaque après un accident neuro-vasculaire, découverte fortuite dans le cadre du contrôle d’un stimulateur ou défibrillateur cardiaque, suivi de patient après ablation.
Article initialement publié dans la newsletter Electra d'août 2009.
Mis à jour (Samedi, 14 Août 2010 15:05)


