L'étude CONNECT : la télé cardiologie ça marche !
Dr C. Barnay (Aix en Provence)
La télémédecine suscite un grand engouement. Les pouvoirs publics l'encouragent dans l'espoir de faire des économies et en matière de prothèses électriques cardiaques, la technologie est là. Il reste à apporter par des études le bien fondé de ces espoirs dans la vie réelle.
L'étude CONNECT, dont les résultats viennent d'être présentés il y a quelques jours à l'ACC a inclus près de 2000 patients porteurs de défibrillateur ou de stimulateur multi-site pour étudier le délai entre un événement (tachycardie atriale, fibrillation auriculaire, rythme ventriculaire rapide, anomalie du système) et la décision clinique qui s'ensuit dans deux groupes de patients, l'un soumis à une surveillance classique, l'autre à une télésurveillance. L'étude, réalisée par G. Crossley et l'équipe de Nashville (Tennessee) a utilisé le système Carelink mis au point par Medtronic. Un appareil de transmission se trouve chez le patient et se connecte régulièrement sans fil à la prothèse.
Les patients surveillés par la méthode conventionnelle avaient des consultations cliniques à un, trois, six, neuf, douze et quinze mois. Les patients sous télésurveillance n'avaient pas de consultation clinique entre le premier et le quinzième mois, la surveillance étant réalisée dans l'intervalle à distance. Le médecin recevait d'une part des informations régulières, d'autre part des messages d'urgence en cas d'événement.
Le délai moyen événement / décision clinique a été réduit à 4,6 jours avec la télésurveillance contre 22 jours pour la surveillance classique.
Le nombre moyen de consultations durant le suivi s'est élevé à 3,9 pour les patients en télésurveillance contre 6,3 en surveillance classique.
La durée moyenne d'hospitalisation était de 3,3 jours pour les patients en télésurveillance contre 4 jours en surveillance classique.
Toutefois, le nombre d'hospitalisations n'a pas été différent entre les deux groupes. Les coûts d'hospitalisation ont été diminués de 18%.
Il faut noter que dans un tiers des cas, des évènements n'ont pas été transmis, soit parce que le patient n'était pas chez lui, soit parce que le système n'était pas connecté. Malgré cette perte d'information, le bénéfice de la télésurveillance apparait clairement dans cette étude, à la fois sur le plan médical et sur le plan économique.
Article initialement publié dans la newsletter Electra de Mars 2010.
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